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Zorro de Maizeret
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Zorro de Maizeret

Pourquoi certaines fins ressemblent à des débuts qui ont pris de l’expérience ?

Ce récit poétique suit une jeune fille nommée Alys qui explore le parc Maizeret afin de découvrir une perle bleue mystérieuse. Accompagnée d'un garçon masqué appelé Zorro de Maizeret, elle rencontre des incarnations personnifiées des différentes dimensions du temps. À travers ces interactions, le texte explore la philosophie du changement et la transition des saisons. Alys finit par comprendre que la fin de l'automne n'est pas une disparition, mais plutôt une métamorphose nécessaire. En apaisant un petit dictateur effrayé par l'impermanence, elle apprend que la nature se renouvelle sans cesse. Cette œuvre utilise l'imaginaire enfantin pour illustrer la beauté du cycle de la vie.

Zorro de Maizeret et les feuilles qui savaient trop de choses

À l’Académie de la Fleur d’Or, Alys avait reçu une mission pas ordinaire.

La Reine des Abeilles lui avait dit :

« Va au parc Maizeret. L’automne y cache une perle bleue. Mais attention. Les feuilles savent trop de choses. »

Alys mit son foulard trop long, ses bottes de pluie et son air de fille qui n’a pas peur des mystères, même quand ils sentent la citrouille mouillée.

Dans le parc, les arbres étaient en feu sans brûler. Rouge framboise. Jaune vieux cahier. Orange insolent. Brun chocolat triste. Les feuilles ne tombaient pas. Elles faisaient du théâtre.

Une feuille lui chuchota :

« Finir, ce n’est pas mourir. C’est faire son dernier numéro. »

Alys ouvrit grand les yeux.

C’est là qu’il arriva.

Un petit cheval noir sortit d’un tas de feuilles. Sur son dos, il y avait un garçon masqué, avec une cape faite de rideaux recyclés et un chapeau trop grand.

Il leva une branche comme une épée.

« Je suis Zorro de Maizeret ! Défenseur des écureuils nerveux, des flaques philosophiques et des enfants qui posent trop de questions ! »

Alys sourit.

« Moi, je cherche la perle bleue du temps. »

Zorro descendit de son cheval, qui était en fait un vieux vélo avec des oreilles en carton.

« Alors tu cherches Chronos, Kairos, Aion et la Conscience. Les quatre vieux tannants du temps. »

Ils marchèrent ensemble dans les feuilles.

Chronos arriva le premier. Il portait un agenda, une règle, trois crayons bien aiguisés et une face de lundi matin.

« Vite, vite, vite ! L’automne commence le 22 septembre et finit quand l’hiver se prend pour un patron ! »

Zorro fit un Z dans un tas de feuilles.

« Calme-toi le calendrier, on n’est pas des biscuits dans une boîte. »

Puis Kairos sauta d’un arbre avec une pomme dans la main.

« Le bon moment, c’est maintenant ! » cria-t-il.

Il se lança dans les feuilles comme un fou magnifique.

Alys comprit : Chronos compte le temps. Kairos le goûte.

Plus loin, Aion dormait sous un grand érable. Sa barbe était faite de mousse, de racines et de souvenirs de mammouths.

Il ouvrit un œil.

« Moi, je suis le temps long. Les montagnes, les saisons, les grands silences. Je ne suis pas pressé. Même les siècles font la file devant moi. »

Alys s’assit près de lui. Elle sentit que certaines choses en elle prenaient leur temps pour changer de couleur.

Alors la Conscience arriva.

Elle ne marchait pas. Elle flottait un peu, comme une idée avec des bottes.

« Je suis celle qui regarde tout ça, dit-elle. Je vois Chronos courir, Kairos bondir, Aion respirer. Et j’essaie de comprendre pourquoi certaines fins ressemblent à des débuts qui ont appris à lire. »

À ce moment, une citrouille éternua.

Un corbeau toussa.

Un café dans un thermos devint presque jungien.

Zorro de Maizeret leva son épée-branche.

« Attention ! Voici le Petit Dictateur de l’Automne ! »

Un minuscule bonhomme sortit d’un tas de feuilles. Il portait une couronne de pépins de pomme et criait :

« Tout doit rester pareil ! Les feuilles doivent rester vertes ! Les enfants doivent écouter ! Les fins doivent être tristes ! »

Alys le regarda doucement.

« Pauvre petit. Tu as peur du changement. »

Le Petit Dictateur devint rouge tomate.

« Je n’ai peur de rien ! Je suis allergique aux métamorphoses, c’est tout ! »

Alors Alys prit une feuille bleue cachée sous une racine. Elle brillait comme une minute magique.

La perle bleue.

Elle la posa dans la main du Petit Dictateur.

« Regarde. Le temps ne détruit pas toujours. Parfois, il transforme. »

Le petit bonhomme renifla.

Une feuille tomba sur sa tête.

Il rit malgré lui.

Et tout le parc Maizeret se mit à rire avec lui : les arbres, les flaques, les écureuils, les corneilles, même Chronos, qui riait en vérifiant l’heure.

Zorro traça un grand Z dans les feuilles.

« Mission accomplie, Alys. Tu as sauvé l’automne de la peur de finir. »

Alys serra la perle bleue dans sa poche.

En retournant vers l’Académie de la Fleur d’Or, elle comprit une chose simple et bizzart :

L’automne ne tombe pas.

Il compose.

Et chaque feuille qui quitte son arbre ne dit pas adieu.

Elle dit :

« À tantôt, dans une autre forme. »

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