Bon.
C’est moi.
Alys.
Douze ans.
Du futur.
Pis relaxez, là.
J’panique pas.
C’est vous autres qui paniquez tout le temps.
J’vous parle à travers le temps
parce que vous avez laissé vos questions ouvertes
pis vos réponses mal fermées.
Icitte, en 2050,
on vous étudie dans les livres d’histoire
entre « l’invention du grille-pain intelligent »
pis « la grande crise des échos vides d’un monde qui s’écoute pas ».
Vous disiez :
« Faut être réaliste. »
Ben voyons donc.tabarnak !
Réaliste de quoi esti ?
De votre peur emballée dans des chiffres ?
De votre terreur de perdre votre pouvoir écartellé dans
la mousse de nombril de l’apparent pouvoir de votre moment présent ?
Vous avez couru après le progrès
comme après un autobus
que vous conduisiez mêmes pas vous-mêmes.
Bravo la gang.
Moi, j’essaie juste d’entrer en relation avec vous.
Mais c’est tough.
Vous êtes toujours en train d’expliquer
au lieu de respirer.
Toujours en train d’avoir raison
au lieu d’avoir quelqu’un en face.
Pis arrêtez de dire
« On n’avait pas le choix ».
C’est la phrase officielle
des adultes qui ont perdu leur courage
dans un tiroir
pis qui veulent pas le rouvrir.
Dans mon sac d’école,
j’ai pas d’arme,
pas de plan secret,
juste une question malpolie :
À qui vous donnez votre pouvoir
quand vous avez peur, hein ?
Chez nous,
on a appris que penser,
c’est pas contrôler.
Pis aimer,
c’est certainement pas posséder.
Vous appelez ça le futur.
Nous autres,
on appelle ça réparer après coup.
J’vous écris pas pour vous sauver.
J’vous écris pour vous brasser un peu.
Des fois, ça réveille mieux
qu’un discours plate avec des graphiques.
Si vous m’entendez,
c’est que c’est pas complètement scrap.
Sinon,
ben c’est correct aussi.
Le temps,
chez nous,
il est patient.
Alys.
Douze ans.
Du futur.
Accent inclus.
Message livré.
Relation encore possible…
mais c’est à votre tour de répondre.











